Algérie-Libye: Manifestations historiques et scientifiques à l’occasion de l’anniversaire de la bataille d’Issine

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Les festivités commémorant le 65e anniversaire de la bataille d’Issine, symbole de la forte cohésion entre les peuples algérien et libyen ont débuté, hier à Tripoli (Libye), avec la participation du ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Laïd Rebiga.

Le coup d’envoi a été donné à partir de la place d’Algérie (midan El Djazaïr) à Tripoli, où M. Rebiga et le ministre libyen de l’Intérieur et des Collectivités locales, Badreddine al Toumi ont procédé avec des responsables locaux et l’ambassadeur d’Algérie en Libye, Slimane Chenine, à la plantation d’un arabe baptisé «Issine de l’amitié», en commémoration de cet évènement historique. A cette occasion, la place d’Algérie symbolisant l’histoire commune des deux peuples frères a été rebaptisée du même nom. Intervenant à une conférence scientifique, M. Rebiga a affirmé que la célébration de cet anniversaire «se veut une halte pour se remémorer l’un des chapitres de la mémoire collective et une page glorieuse qui a consolidé le principe de voisinage et donné à la solidarité et à la cohésion un noble contenu». Le ministre a ajouté que l’Armée algérienne «trouvait dans toutes les régions libyennes un refuge pour s’approvisionner en armes et munitions face à l’une des plus redoutable force coloniale de l’histoire contemporaine». «La bataille d’Issine est digne d’intérêt et doit être mise en avant par les historiens et chercheurs, appelés à en commémorer les hauts faits en tant que legs commun, voire une épopée commune des deux peuples qu’il convient de transmettre aux nouvelles générations». A cet effet, le ministre des Moudjahidine a plaidé pour l’organisation régulière, à l’avenir, de «festivités commémoratives à la hauteur de la symbolique de ces évènements pour leur ancrage chez les nouvelles générations», souhaitant la commémoration future de cet anniversaire dans la région même d’Issine. Partant des facteurs d’union liant les deux pays, le ministre a rappelé «le soutien apporté par l’Algérie aujourd’hui à la Libye jusqu’à la fin de son épreuve et l’unification des rangs de ses enfants en vue de préserver l’unité, les richesses et les capacités économiques de leur pays». Dans ce cadre, «le président de la République,  Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé, à plusieurs reprises, le soutien et la solidarité de l’Algérie avec les frères libyens jusqu’au règlement de leur crise par le dialogue, l’entente et la réconciliation loin des interventions étrangères sous toutes leurs formes», a souligné le ministre qui s’est félicité de la dynamique marquant les relations algéro-libyennes ces deux dernières années, réaffirmant la détermination d’aller de l’avant dans ce processus. Pour sa part, le vice-président du Conseil présidentiel libyen, Moussa al-Kouni a indiqué que la commémoration de cet anniversaire «consacre la cohésion des deux peuples ayant fait preuve d’unité pour défendre la patrie contre l’occupant». Il a mis en exergue l’importance de la commémoration de cet anniversaire en vue de consacrer les résultats de sa rencontre avec le président de la République lors de sa dernière visite en Algérie. «Le Président Tebboune a insisté sur la nécessité de commémorer cette manifestation chaque année», a relevé le responsable libyen précisant que cette décision a été instituée à compter de cette année alors que sa commémoration était limitée à un niveau local». M. al-Kouni a rappelé le soutien matériel et moral de la part du peuple libyen à son frère algérien jusqu’à l’indépendance. Et d’ajouter: «Aujourd’hui nous avons besoin de plus de cohésion entre les deux pays au regard des défis que connait la région», exprimant son vœu de finaliser l’ouverture des postes frontaliers entre les deux pays pour permettre l’échange entre peuples des deux pays. Evoquant les rencontres tenues par le Conseil présidentiel libyen avec les responsables algériens, en tête desquels le Président Tebboune, M. al Kouni a qualifié ces rencontres de «très fructueuses» où l’Algérie a confirmé sa position «indéfectible en faveur de l’unité territoriale libyenne» jusqu’à la réalisation de la stabilité totale du pays. A la lecture de la déclaration finale au terme de cette rencontre, les participants ont appelé à documenter l’histoire de cette bataille et à créer un établissement ou un centre de recherche commun entre l’Algérie et la Libye traitant du combat commun entre les deux peuples contre le colonialisme européen. Ils ont insisté sur l’importance de la communication avec les établissements scientifiques et les centres de recherche et d’archives français et algérien pour se procurer des documents historiques concernant le combat commun des deux peuples algérien et libyen et les mettre à profit dans les programmes d’études supérieures et de la recherche scientifique. Tenue mardi et mercredi, la conférence a été marquée par la présence de M. Rebiga, du président du Conseil présidentiel libyen Mohamed Al Menfi et ses deux vice-présidents, Moussa al Kouni et Abdallah Al-Lafi, ainsi que des enseignants spécialisés du Centre libyen des études historiques, des membres du corps diplomatiques à l’ambassade d’Algérie et d’enfants et petits-enfants de moudjahidine ayant pris part à cette bataille, a-t-on rappelé. Une exposition de livres a été organisée à cette occasion pour mettre en exergue les principales étapes de la guerre de libération nationale ainsi que le soutien et l’aide de la Libye à la Révolution algérienne. Des livres et des affiches sur l’histoire de la Libye avant le colonialisme italien jusqu’au mouvement de résistance libyen ont été exposés également.

M. Rebiga reçu par les membres du Conseil présidentiel libyen

Le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Laïd Rebiga, a été reçu, ce mercredi à Tripoli, par le président du Conseil présidentiel libyen, Mohamed El-Menfi et ses deux vice-présidents, Abdallah Ellafi et Moussa Al-Kouni, en marge de sa participation à la commémoration du 65e anniversaire de la bataille historique d’Issine. La rencontre s’est déroulée en présence du ministre libyen de l’Intérieur, Badreddine Al-Toumi et de l’ambassadeur d’Algérie en Libye, Slimane Chenine. A l’entame de la rencontre, M. Rebiga a transmis les salutations du président de la République,  Abdelmadjid Tebboune, et du peuple algérien, exprimant la profondeur des relations qui unissent les deux pays. Pour sa part, le président du Conseil présidentiel a souligné que la commémoration de la bataille d’Issine est une consécration de l’histoire de la lutte commune des deux peuples frères, soulignant que sa célébration se veut un témoignage des relations fraternelles entre les Libyens et les Algériens et une reconnaissance au rôle du peuple libyen dans le soutien de la Révolution algérienne. Chargé par le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit a pris part, à Tripoli, à la commémoration du 65e anniversaire de la bataille historique d’Issine, en consécration de l’histoire de la lutte commune des deux peuples frères.

Une occasion pour rappeler la cohésion et la solidarité algéro-libyenne Des participants à une conférence sur la bataille d’Issine, tenue hier  à Alger, ont évoqué les évènements ayant marqué cette bataille lors de laquelle le sang des Algériens et des Libyens s’est mêlé, devenant ainsi le symbole de la solidarité et de la cohésion entre les deux peuples et la preuve irréfutable du sacrifice et de l’appui des pays frères à la Guerre de libération nationale. Des enseignants et des chercheurs ont indiqué lors de cette conférence organisée par le Centre national des études et recherches sur le mouvement national et la Révolution du 1er Novembre 1954 (CNERMN54), que la bataille d’Issine reflète «la véritable image de la cohésion et de la solidarité des frères algériens et libyens, après que leur sang se soit mêlé dans la bataille de l’honneur, donnant leurs vies en sacrifice pour la liberté et l’indépendance». A l’occasion, l’enseignant à l’Université de Médéa, Mouloud Grine, a affirmé, dans une  communication intitulée «La solidarité des frères dans la bataille de la libération», que la Révolution algérienne «a gagné le soutien des Etats frères et amis en dépit des tentatives de la France de l’isoler du reste du monde», ajoutant que la solidarité entre les deux peuples algérien et libyen «ne date pas de la Révolution de Novembre, mais elle est profondément ancrée dans l’Histoire». «Et comme les Libyens ont soutenu la Révolution dès son déclenchement, les chefs du Front de libération nationale (FLN) ont décidé d’établir dans ce pays frontalier, une base logistique en vue de regrouper les cargaisons d’armes, notamment celles en provenance d’Egypte, avant leur introduction, par les frontières, en Algérie,  ainsi que pour entraîner les moudjahidine à l’intérieur de bases militaires», a-t-il expliqué. Il a évoqué la création en 1956 de la commission libyenne de soutien au peuple algérien, qui se chargeait de la collecte des dons et de l’encadrement des Libyens désirant apporter leur soutien à la Révolution algérienne. À partir de la Libye, les moudjahidine ciblaient les champs de pétrole contrôlés par la France, notamment après avoir réussi à mobiliser les Touaregs algériens et libyens, mais, la France, en représailles, a ciblé les zones frontalières entre les deux pays où plusieurs habitants sans défense sont tombés en martyrs, a relaté l’intervenant. En 1958, les Libyens ont organisé des manifestations sous le slogan «Journée de l’Algérie», pour exprimer leur soutien à la Révolution algérienne et dénoncer les massacres du colonisateur français commis contre des innocents.  L’enseignant à l’Université d’Alger, Mohamed Khodja, a, quant à lui, passé en revue l’approche actuelle de l’Algérie pour assurer la sécurité et la stabilité de la Libye, basée sur la profondeur du lien entre les deux pays et son attachement à unifier les rangs des Libyens, car convaincue que sa sécurité et celle de la Libye sont interdépendantes et partant du principe qu’elle prône pour la résolution pacifique des conflits et son refus de l’ingérence étrangère dans les affaires internes des pays.

T. M. /Ag.

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