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vendredi, décembre 2, 2022
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Bouterfa : «Un échec à la réunion affaiblirait davantage les cours»

À l’heure où vous avez ce papier sous les yeux, les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se réunissent  à Vienne. Ils doivent se mettre d’accord sur la mise en œuvre d’une réduction de leur production décidée fin septembre dernier à Alger. Il est  question en fait de discuter des modalités pratiques de l’accord décidé à Alger, lors d’une réunion informelle de l’Opep en septembre dernier, à savoir, ramener sa production à un niveau de 32,5 à 33 millions mb/j, contre 33,47 mb/j actuellement. Une des plus importantes réductions depuis celle décidée après la chute des cours durant la crise de 2008.

Un comité de haut niveau va, notamment, être mis en place pour déterminer les niveaux de production applicables à chacun des pays. Engagés aujourd’hui dans un ultime round de négociations avant la réunion de demain, la conclusion d’un accord semblait de plus en plus compromise entraînant une volatilité accrue des prix. Des tractations s’intensifient autour les réactions des premiers gros producteurs de l’Opep (l’Arabie saoudite, Irak, Iran) et non-Opep (la Russie). Moscou qui s’est déjà dit favorable à un gel de sa production à son niveau record de septembre a indiqué aujourd’hui qu’elle ne prévoyait pas de participer à la réunion. L’Arabie saoudite, premier producteur de l’Opep, n’affiche pas clairement sa position par rapport à l’Accord d’Alger. D’après les dernières déclarations de son ministre de l’Energie, Khalid Al-Falih, «les prix vont se stabiliser sans intervention de l’Opep grâce au retour de la demande en 2017» compromettant les résultats de la rencontre de Vienne. Alors qu’il avait assoupli sa position pour soutenir les négociations et déclaré qu’il était disposé à réduire la production de 4 %.   Fragilisée par des conflits internes, la Libye se voit autorisée à produire aux niveaux maximum. Le Nigeria, l’un des pays dépendants de la manne pétrolière est aussi dispensé, sous prétexte que c’est l’unique source de son financement.  L’Irak a insisté de son côté pour son exemption de l’Accord d’Alger, en raison de son besoin de revenus généré par le pétrole.  Rien n’est acquis du côté de l’Iran. Ce dernier a refusé la proposition de Riyad de geler sa production à 3,8 millions de mb/j en échange d’une baisse de 4,5% de sa propre production, d’environ 10,5 millions de mb/j. Le ministre vénézuélien du Pétrole, Eulogio del Pino, lui, s’est dit optimiste quant aux résultats de la réunion de l’Opep. L’Algérie, pour sa part, s’attend à un résultat positif.  D’ailleurs, c’est au cours de ses multiples déplacements, dans plusieurs pays membres et non du Cartel, que Noureddine Bouterfa, ministre de l’Energie, a tenté de rapprocher les positions des uns et des autres. Il a défendu essentiellement les moyens à mettre en œuvre pour stabiliser le prix du baril du pétrole à plus de 50 dollars. Pour rappel, le ministre s’est  rendu  au Qatar, en Russie et en Iran pour tenter d’arracher un consensus autour de la réunion d’Alger. Selon plusieurs analystes, l’espoir d’un accord efficace entre les membres de l’Opep est faible. Goldman Sachs estime que «d’intenses négociations sont  requises aujourd’hui pour concrétiser un accord», ajoutant que «si le consensus est déjà largement atteint quant à l’idée d’une réduction, des considérations politiques et des négociations sur les quotas par pays empêchent pour l’instant d’atteindre un accord », selon des propos rapportés par Reuters. Reste à savoir si une telle mesure peut être efficace au moment où de nombreuses incertitudes pèsent sur ces négociations extrêmement complexes, notamment concernant les modalités pratiques d’une telle entente.

Ça passe ou ca casse !

Les membres de l’Opep étaient encore engagés hier dans un ultime round de négociations à la veille d’une réunion du cartel, pour concrétiser l’Accord d’Alger.  L’optimisme est toujours de rigueur quant à la réussite de la réunion, mais le ministre algérien Noureddine Bouterfa met en garde contre un éventuel échec de la réunion qui pourrait affaiblir davantage les cours, qui peinent actuellement à atteindre le seuil psychologique des 50 dollars.

A l’inverse de l’optimisme mesuré du ministre algérien de l’Energie, les experts estiment que la perspective d’un accord pour limiter leur production semble s’éloigner, faisant du coup replonger les cours du pétrole. Depuis plusieurs semaines, les tractations vont bon train entre les 14 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole pour mettre en place  des quotas par pays destinés à relancer des prix déprimés par une surabondance  d’offre depuis l’été 2014. Mais un tel accord réclamé par les pays dont les économies dépendent de la manne pétrolière, il butte néanmoins sur l’éternelle rivalité entre l’Iran et l’Arabie saoudite, et la situation précaire de certains producteurs en guerre, à l’image de l’Irak et de la Libye. A son arrivée à Vienne ce mardi, le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh, a indiqué que l’OPEP gardait en ligne de mire ce qui avait été décidé à la réunion d’Alger fin septembre. «Nous continuons à mettre en place le niveau de production que nous avons décidé en Algérie», a-t-il déclaré à un groupe de journalistes. Les ministres de l’Opep sont convenus il y a deux mois à Alger, lors d’une  réunion informelle, de ramener leur production entre 32,5 et 33 millions de barils par jour (mb/j) et de parvenir à un accord avec d’autres grands producteurs, notamment le premier d’entre eux, la Russie, qui s’y est dit favorable sur le principe. Cette dernière, qui a accepté de limiter mais non de réduire sa production, a répété mardi qu’elle ne prévoyait pas de participer à la réunion du cartel  programmée ce jour à  Vienne.  «Il n’y a pas de nécessité, il faut d’abord que l’Opep tienne sa réunion. Bien sûr, s’il y a un consensus et que l’Opep prend une décision, nous nous mettrons d’accord au plus vite», a déclaré le ministre russe de l’Énergie, Alexandre Novak, cité par l’agence Ria-Novosti. Noureddine Bouterfa et son homologue vénézuélien Eulogio del Pino se sont rendus lundi à Moscou, pour tenter de convaincre la Russie d’abaisser sa production de 600 000 barils par jour.

M.O. / Ag.

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