Des scientifiques affirment qu’il existe deux sortes d’obésité

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Des scientifiques souhaitent redéfinir l’obésité après la découverte de deux sous-types majeurs évoquant l’hypothèse d’un traitement plus personnalisé de la maladie.L’obésité est un problème de santé mondial croissant dont la prévalence a triplé depuis 1975. Ses causes sont complexes car plusieurs facteurs, qu’ils soient alimentaires, génétiques, épigénétiques et environnementaux, sont impliqués dans le développement et la progression de cette maladie chronique. Accéder à une meilleure compréhension de ses causes et de ses mécanismes biologiques est aujourd’hui un des plus grands enjeux de la recherche. Comme le rappelle les chercheurs à ce sujet, «l’obésité est une maladie des tissus adipeux («le gras») qui contiennent des cellules qui stockent des réserves énergétiques sous la forme de graisses : les adipocytes. Ces cellules augmentent de volume au fur et à mesure qu’elles accumulent des lipides.» Une dernière découverte en date dans ce domaine précis met à jour l’existence de deux sous-types distincts d’obésité, chacun ayant ses propres effets sur le fonctionnement du corps, avec des conséquences différentes sur la santé, la maladie en elle-même et la réponse aux médicaments. Ces résultats, publiés dans la revue Nature Metabolism par des chercheurs de l’Institut Van Andel offrent une compréhension plus nuancée de l’obésité que les définitions actuelles et pourraient un jour éclairer des moyens plus précis de diagnostiquer et de traiter l’obésité et les troubles métaboliques associés. «En utilisant une approche purement basée sur les données, nous voyons pour la première fois qu’il existe au moins deux sous-types métaboliques différents d’obésité, chacun avec ses propres caractéristiques physiologiques et moléculaires qui influencent la santé. La traduction de ces résultats en un test cliniquement utilisable pourrait aider les médecins à fournir des soins plus précis aux patients.», explique le Pr J. Andrew Pospisilik, auteur de l’étude. À l’heure actuelle, l’obésité est diagnostiquée à l’aide de mesures de l’indice de masse corporelle (IMC), mais l’équipe scientifique affirme que cette approche est trop simpliste et risque d’être trompeuse en ignorant les variations biologiques individuelles.

L’inflammation, différence majeure entre ces deux sortes d’obésité

Les scientifiques ont puisé dans les données de 153 paires de jumeaux recueillies par le projet de recherche TwinsUK et ont découvert quatre sous-types métaboliques qui influencent les types de corps individuels : deux sujets à la maigreur et deux sujets à l’obésité. Le premier sous-type d’obésité se caractérise par une plus grande masse grasse tandis que le deuxième caractérise à la fois par une plus grande masse grasse et une masse musculaire maigre. De manière quelque peu surprenante, l’équipe a découvert que le deuxième type d’obésité était également associé à une inflammation accrue, ce qui peut augmenter le risque de certains cancers et d’autres maladies. Ces deux sous-types ont été observés dans plusieurs cohortes d’études, y compris chez les enfants. Outre les données humaines, ces résultats ont ensuite été vérifiés sur des modèles de souris en laboratoire, en utilisant des souris génétiquement identiques, qui ont grandi dans le même environnement et qui ont mangé la même quantité de nourriture. Les résultats obtenus révèlent que le deuxième type d’obésité, celui lié à l’inflammation, semble résulter de changements épigénétiques (changements dans l’activité des gènes n’impliquant pas de modification de la séquence d’ADN et pouvant être transmis lors des divisions cellulaires).

L’épigénétique est la raison pour laquelle les jumeaux avec le même code ADN ne sont pas toujours identiques, sachant que les modifications épigénétiques sont induites par l’environnement au sens large. D’après l’hypothèse émise par les chercheurs, ce deuxième type d’obésité semble donc être déclenché par le hasard. «Nos découvertes en laboratoire ont presque copié les données des humains. Nous avons de nouveau observé deux sous-types distincts d’obésité, dont l’un semblait ‘épigénétiquement déclenchable’, et était marqué par une masse maigre plus élevée et plus de graisse, des signaux inflammatoires élevés, un niveau d’insuline et une signature épigénétique forte.», ajoute explique le Pr J. Andrew Pospisilik. Si l’existence de ces deux types d’obésité est bel et bien confirmée dans de futures études menées sur l’Homme, cette découverte amènerait à proposer différents traitements, selon le patient : des changements de régime alimentaire ou des chirurgies de perte de poids (anneau gastrique pour ralentir le passage des aliments, bypass pour réduire la surface d’absorption des aliments, sleeve pour accélérer le sentiment de satiété…) pourraient avoir des effets différents, selon le type d’obésité en cause. Un tout nouveau champ de recherche vient donc de s’ouvrir et la prochaine étape de l’équipe scientifique va consister à étudier plus en détails les deux types d’obésité identifiés et, surtout, de déterminer comment les distinguer pour ainsi faciliter leur diagnostic. «Près de deux milliards de personnes dans le monde sont considérées en surpoids et il y a plus de 600 millions de personnes obèses, mais nous n’avons toujours aucun cadre pour stratifier les individus en fonction de leurs étiologies plus précises.», concluent les chercheurs.

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