L’exposition aux environnements naturels bénéfique pour la santé humaine

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Une étude finlandaise met en évidence un lien entre la visite d’espaces naturels et la santé — mentale en particulier. La causalité entre les deux données reste à préciser, mais ces travaux apportent leur pierre à l’édifice des recherches sur ce sujet. 

«On pense que l’exposition aux environnements naturels est bénéfique pour la santé humaine, mais les preuves sont contradictoires», expliquent les auteurs d’une étude parue le 16 janvier 2023. Ils ont essayé de mettre à l’épreuve cette idée. Les travaux se déroulent en Finlande. Les auteurs de deux universités finlandaises ont étudié les données de 6000 résidents d’Helsinki. Parmi ces données, ils ont intégré la prise de médicaments liés à leur état de santé psychologique — insomnie, dépression, anxiété, mais aussi physiologique — l’hypertension artérielle et l’asthme. Puis ces personnes ont été interrogées sur leur exposition aux espaces verts (y compris les espaces «bleus» comme la mer). L’objectif : déterminer s’il y a un lien, et quel est-il, entre leur état de santé — mentale, notamment — et la fréquence à laquelle ils visitent des espaces naturels. Pour 3 à 4 visites d’espaces verts par semaine, l’étude met en avant : Une réduction de 33% de la probabilité d’user de médicaments pour la santé mentale ; Une réduction de 36% de la probabilité d’utiliser des médicaments contre la tension artérielle ; Une réduction de 26% de la probabilité d’utiliser des médicaments pour l’asthme. «Cette constatation est conforme aux preuves provisoires soulignant l’importance de l’usage effectif des espaces verts en relation avec la santé mentale, et suggère qu’il en va de même pour d’autres problèmes de santé, tels que l’asthme et l’hypertension», estiment les auteurs. Plus intéressant encore, leurs données incorporent bel et bien la notion de «visite» des espaces verts — et pas seulement leur simple présence dans l’environnement proche. «Les visites fréquentes d’espaces verts, mais pas la quantité d’espaces verts ou bleus résidentiels, ni les vues sur les espaces verts et bleus depuis le domicile, étaient associées à une utilisation moins fréquente de médicaments psychotropes, antihypertenseurs et contre l’asthme en milieu urbain.»

Quel est l’impact du revenu économique ou encore de l’IMC ?

Les auteurs ont pu déterminer que le revenu économique et le niveau d’éducation ne changeaient pas le lien positif qu’ils ont relevé. Mais, il faut rester prudent quant à la causalité. Un élément comme l’IMC (l’indice de masse corporelle) réduisait, par exemple, l’importance du lien.  Potentiellement, il peut y avoir divers biais liés à l’état de santé préalable, lequel offre plus ou moins d’opportunités de profiter de la nature et de ses bénéfices. Cela signifie qu’à ce stade, les conclusions ne sont pas universelles. Malgré ses apories, cette étude s’inscrit dans la continuité de travaux scientifiques qui tendent à montrer le rôle de la nature sur la santé des êtres humains. Et même un lien ténu reste un indice important pour aider à améliorer certaines conditions. Une expérience menée en 2022 suggérait déjà un impact bénéfique sur le cerveau humain d’une simple marche d’une heure dans un environnement naturel. «Compte tenu de l’urbanisation galopante, les présents résultats pourraient influencer la planification urbaine afin de créer des espaces verts plus accessibles et d’adapter les environnements urbains de manière à ce qu’ils soient bénéfiques pour la santé mentale des citoyens», concluaient alors les auteurs.

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